Plan stratégique à long terme 2018-2020 de l’équipe d’hygiène hospitalière

Plan stratégique à long terme 2018-2020 de l’équipe d’hygiène hospitalière

ExcellenceGeorges MascartBhavna MahadebYves VelgheAlbertine MetangoVictoria Labbé

Le présent plan stratégique est établi pour une période de 3 ans (2018-2020) en tenant compte de la situation établie dans le rapport d’activité de l’année 2017 et  des critères de qualité établis par la plateforme nationale d’hygiène hospitalière.

AXES DU PLAN STRATEGIQUE

Le plan stratégique de l’équipe opérationnelle d’hygiène (EOHH) est bâti essentiellement autour de cinq axes principaux et complémentaires qui forment un ensemble cohérent à savoir :

  • Etablissement et/ou mise à jour d’un ensemble de procédures de soins pour répondre aux critères qualité de la plateforme fédérale d’hygiène hospitalière.
  • Réalisation d’audits afin d’évaluer le respect des procédures et d’apporter les mesures correctrices éventuelles.
  • Collecte et analyse de données épidémiologiques afin de juger de l’efficacité des mesures de prévention des infections.
  • Formation.
  • Informatisation.

Complémentairement à ces cinq axes principaux interviennent la résolution de problèmes ponctuels tels que la gestion d’épidémies, la surveillance des travaux….. Généralement ces problèmes ponctuels se retrouvent également impliqués dans les axes généraux décrits ci-dessus. En effet, à titre d’exemple, les épidémies doivent être détectées (collecte de résultats de laboratoire) et évitées (formation).
L’EOHH désire au cours des prochaines années mettre l’accent sur la collaboration multi disciplinaire et plus particulièrement sur :

  • Une poursuite de la collaboration étroite avec la microbiologie et l’infectiologie.
  • La participation au sein de divers groupes de travail intra et extra hospitaliers.

1. Procédures :

  • Au cours de l’année 2017 un grand nombre de procédures ont été écrites ou revues selon un mode standardisé (Gestion documentaire ENNOV). Au cours de années 2018-2020 ce processus sera poursuivi. L’EOHH devra s’assurer que le personnel soignant , (tant médical que paramédical) et de support ( entretien, technique, ..), s’est réellement approprié les diverses procédures.

2. Audits :

  • La politique d’audit déjà commencée antérieurement sera non seulement poursuivie mais largement développée de sorte à s’assurer du respect des procédures et, le cas échéant, mettre en évidence des problèmes de formation ou la nécessité d’adapter les procédures.

3. Collecte et analyse de données de laboratoire

  • L’EOHH dispose de diverses sources de données dont notamment :
    • Bulletins épidémiologiques.
    • Données collectées dans le cadre des surveillances organisées par l’ISP (MRSA, ESBL, CPE, non fermentants…)
    • Tableur « Infection Control » établi par les microbiologistes et les infectiologues. Ce tableur contient diverses feuilles (hémocultures, échantillons précieux, microorganismes multi R, Clostridium difficile, virologie…) reprenant, au départ de résultats de microbiologie, divers renseignements cliniques.
    • Mails ponctuels d’alerte envoyés par le laboratoire (ex. : examens directs BK positifs)
    • Indicateurs CESAR du Département Infirmier et Paramédical (DIP)
  • Il s’agit d’un axe important pour permettre :
    • De prendre, le cas échéant, les mesures de protection additionnelles adéquates.
    • De détecter les éventuelles épidémies.
    • De déterminer les priorités de l’EOHH.
    • D’évaluer l’efficacité des actions entreprises.
  • L’EOHH sera attentive à cibler correctement les données à surveiller. En effet il s’agit d’une étape chronophage nécessitant non seulement un travail de collecte mais également d’interprétation et de suivi dans le temps. Il y a donc lieu de veiller à cibler cette collecte en fonction des problèmes rencontrés ou d’objectifs spécifiques.
  • L’EOHH veillera à transmettre l’information recueillie et son analyse :
    • Au Comité d’Hygiène Hospitalière.
    • Aux intervenants sur le terrain. Un effort particulier sera réalisé pour transmettre résultats et interprétation aux unités de soins en s’attachant à promouvoir une information et une discussion multi disciplinaire incluant au minimum médecins et infirmières. Des communications plus globales devraient avoir lieu grâce à des interventions de l’EOHH lors de réunions médicales de service et de réunions de cadres du DIP et de la DO (Direction Opérationnelle)
    • Une réflexion devra avoir lieu concernant des méthodes de communications rapides (délais courts entre la récolte des données, leur analyse et leur feed-back) et efficaces (peu chronophages, public cible adéquat). Elaboration d’un HH news ?
  • Méthode de collecte: la collecte des données devra être simplifiée au maximum. L’accent sera donc mis sur le développement de solutions informatiques tant pour la collecte que pour l’analyse des données. Le passage par un stade papier sera progressivement éliminé.

4. Indicateurs qualité

  • Quels indicateurs suivre ? Les indicateurs à suivre sont au minimum ceux repris parmi les indicateurs de qualité de la plateforme d’hygiène fédérale. Ils sont annexés à la présente. Ils sont essentiellement de deux types :
    Indicateurs de résultats :
    → MRSA et plus particulièrement les cas nosocomiaux.
    → Bacilles Gram négatifs multi résistants
    → Clostridium difficile
    → Les septicémies avec un intérêt particulier pour les septicémies nosocomiales et plus particulièrement les septicémies sur cathéter.
    → Un essai d’enregistrement limité des infections post-opératoire sera réalisé en orthopédie.
    → …..
    Indicateurs de processus :
    → Compliance aux précautions additionnelles
    → Consommation de SHA
    → Hygiène des mains
    → Suivi de processus de soins
    → …..

Certains indicateurs ne seront éventuellement suivis qu’un trimestre par an pour transmission à l’ISP et suivis d’une manière simplifiée le restant de l’année. D’autres indicateurs seront suivis en fonction de leur utilité (mise en évidence de problèmes ou contrôle de l’efficacité de mesures prises) ou des objectifs ponctuels du moment.

5. Formation

  • Un effort particulier sera consenti à l’égard des différentes catégories de personnel.
  • Des formations spécifiques seront organisées et / maintenues :
    • Pour les nouveaux membres du personnel (information de base).
    • Pour les nouveaux post-gradués (1x/an).
    • Pour les étudiants à médecine (4x/an).
    • Pour les infirmier(e)s référent en hygiène. Outre des formations régulières intra-unité/service, une journée plénière sera organisée en interne par an. Possibilité également de suivre des formations en Hygiène Hospitalière en externe ( ABIHH, NVKVV WIN, …)
    • Pour le PATO : min. 10 fois par an et en fonction des demandes et nécessités.
  • Le réseau de référents en hygiène sera de plus en plus impliqué dans la formation, les audits et le conseil de leurs collègues sur le terrain.
  • Poursuite de collaborations plus intensives avec certaines unités tests :
    • Projet ayant débuté fin 2013
    • Buts: promouvoir au sein des unités une auto émulation au respect des règles d’hygiène et faire en sorte que ces unités puissent servir de modèle à d’autres unités.
    • Moyens :
      • Le/la référent(e) hygiène, ou occasionnellement tout autre intervenant du nursing ou du corps médical, fait régulièrement un audit ponctuel de la compliance à l’hygiène des mains. Le pourcentage de compliance toutes catégories de personnel confondu est porté sur un graphique affiché et visible de tous.
      • L’EOHH suit les paramètres suivants : MRSA nosocomiaux, ESBL, septicémies sur cathéters, consommation de SHA.
      • Réunions régulières de débriefing avec l’infirmier(e) chef, le/la référent(e) et le médecin responsable de l’unité.
  • Mise à disposition de procédures et outils de formation : les procédures seront, dès à présent et conformément à la politique de gestion documentaire du CHUB, mises selon des formes standardisées sur l’interface ENNOV permettant, notamment, des recherches par mot clé. L’ancien site intranet sera supprimé.

6. Informatisation

  • L’augmentation, à effectif constant, de la charge de travail liée essentiellement aux nouveaux critères de qualité établis par la plateforme fédérale d’hygiène hospitalière implique de revoir et d’optimaliser l’organisation du travail. Cette optimalisation passe par une informatisation plus poussée de la gestion quotidienne de l’activité. Un cahier des charges sera établi ainsi qu’une analyse des solutions existantes sur le marché.

7. Autres activités

    7.1. Recommandations du Conseil Supérieur de la Santé (CSS)

  • L’EOHH vérifiera la conformité de nos procédures aux recommandations du CSS. Elle en contrôlera la bonne application sur le terrain.

   7.2. Collaboration avec d’autres structures du CHUB

  • Commission du matériel médical
  • Services techniques:
    • Suivi régulier des chantiers : L’EOHH suit selon une procédure standardisée l’ensemble des chantiers sur les différents campus (Horta, Brien et Reine Astrid). Un membre de l’EOHH assiste une fois par mois à une réunion avec le service des travaux. L’EOHH veille à ce que les règles de base de prévention des infections soient transmises à tous les intervenants des chantiers et, en cas de nécessité, à leur formation.
    • Prévention eau – air : ceci inclut la prévention de Legionellose (gestion réseau, analyse de risque…), le suivi, voire la réalisation de contrôles d’environnement (quartier opératoire, clean room….).
  • Antibiotic Team Management : l’EOHH est présente dans le groupe de gestion des antibiotiques. Une collaboration avec ce groupe est estimée importante dans la mesure où une prescription judicieuse des antibiotiques a un impact positif sur l’incidence des infections nosocomiales.
  • Groupe tuberculose : l’EOHH poursuivra sa participation aux réunions du groupe de gestion de la tuberculose comprenant des pneumologues, infectiologues et hygiénistes. Là encore l’EOHH désire mettre l’accent sur l’importance de la collaboration multi disciplinaire.
  • Médecine du travail : collaboration à l’analyse de risques et aux campagnes de vaccination.
  • SIPP : Analyse de risques
  • Gestionnaires de projet : Gestion documentaire
  • CTA : cellule transferts d’activités et prévention des infections liées aux soins
  • Cellule qualité : Audits communs
  • Département facilitaire (Brancardage, hôtellerie, nettoyage, …) : formation , procédures
  • Pharmacie : désinfection et stérilisation du matériel médical, choix d’antiseptiques et désinfectants
  • Service achats matériel stérile et non stérile : Participation au cahiers de charge et tests
  • Service informatique : Items hygiène hospitalière pour dossier patient
  • Direction opérationnelle : e.a Trajet patient

8. Collaborations extérieures

  • Outre la participation obligatoire aux réunions de la plateforme d’hygiène Bruxelles Brabant wallon, l’EOHH estime indispensable de s’ouvrir au maximum vers l’extérieur. Dans cette optique l’équipe participe activement :
    • Aux activités et initiatives communes aux hôpitaux du groupe IRIS.
    • Aux groupes de travail de la plateforme Bruxelles Brabant wallon.
    • Au groupe de travail de la plateforme Psychiatrique
    • Au groupe de travail de la plateforme fédérale
    • Au BICS
    • A l’ABIHH et NVKVV Win
    • En tant qu’experts aux activités du Conseil Supérieur de la Santé.
    • Aux congrès internationaux ( SF2H,ECCMID, IFIC, APIC, SIPI, …)
    • Comité de rédaction du Noso-Info
  • Réseau IRIS et CHU Bruxelles : Echange de bons procédés
  • CTR : L’EOHH est missionnée par l’ULB ( Erasme) pour le CTR à raison d’un 0,1 ETP IHH et 4h/mois pour le MHH
  • CHH de l’Hôpital Militaire
  • L’EOHH souhaite également établir une collaboration avec les principales MR/ MRS et soins à domicile collaborant avec l’hôpital. L’EOHH pourrait notamment, via un programme de séminaires, participer à la formation permanente du personnel sur le plan de l’hygiène hospitalière. Etant donné les aller retours fréquents de patients âgés entre le MR/MRS et l’Hôpital, l’EOHH estime cette collaboration indispensable à une optimalisation de la prévention des infections associées aux soins.

→ Structure organisationnelle de l’équipe d’hygiène hospitalière

  1. Composition de l’équipe :
    • Dépendant de la Direction Médicale
      • Médecins hygiénistes : G. Mascart, Dr. B. Mahadeb
    • Dépendant de la Direction Infirmière et Paramédicale
      • Infirmier hygiéniste cadre responsable : Y. Velghe
        • Infimières hygiénistes (gestion opérationnelle): Mme Albertine Metango, Mme Mahwoko, Muki
    • Dépendant de la Direction opérationnelle
      • Secrétaire médicale: Mmes ML Lemaire et   Labbé
  1. Organisation :
    • Réunions de staff 1x/semaine
    • Réunions complémentaires entre le médecin hygiéniste et l’infirmier hygiéniste responsable
    • Bureau du Comité d’hygiène hospitalière : au minimum une réunion de préparation avant chaque CHH et en fonction des nécessités.
    • Réunion avec infectiologues 1 x/mois (plénière – TBC)
    • L’EOHH veille à assurer une présence régulière sur les trois sites hospitaliers.
    • Réunion/formation avec les référents en HH min 1x/an

→ Budget

  • Le budget est essentiellement constitué du coût de l’EOHH.

 

Voir aussi : Composition du comité d’hygiène hospitalière

Lire aussi : « La prévention des infections : un aspect de la qualité au CHU Brugmann« 

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